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Thomas Fontaine transforme la Galerie Florence Leoni en salon occulte. Entre une table tournante, des photos — «portraits d’aura», une « bibliothèque de réponses concrètes » et des mains magnétiques, la vidéo « Documents occultes » retracera toute l’histoire de la photographie spirite sur un fond coloré d’effluves cérébrales. En mélangeant technique scientifique de pointe, idéal religieux de maîtrise de soi et quête d’une certaine forme de beauté esthétique, l’univers et l’histoire du spiritisme s’est toujours développé à la marge des grands systèmes établis de la science, de la religion et de l’art. Pour autant, le titre de l’exposition « La toute puissance est en vous » met l’accent sur son profond intérêt qui est avant tout philosophique : en effet, à la différence de l’adage socratique « Connais — toi toi même» propre à la philosophie classique, la question essentielle pour le spiritisme n’est pas de connaître qui l’on est mais bien de savoir ce que l’on peut.
Vernissage
le vendredi 13 janvier 16h - 21h
Exposition
du vendredi 13 janvier 20012 au samedi 25 fevrier 2012
Galerie florence Leoni
151, rue amelot, 75011 paris
tél. +33 1 43 55 62 94
www.florenceleoni.com
info@florenceleoni.com
du mardi au samedi de 14 h à 20 h
métro filles du calvaire, république
Vidéo de 9 minutes, 2010. Chorégraphie de Lyllie Rouviere.
A l’heure des scanners corporels utilisés dans les aéroports, de notre civilisation du regard fondée sur une idéologie de la transparence et du tout visible, X-Rays est une invention extraordinaire, une machine à ectoplasme. Ce dispositif est constitué d’un négatoscope géant alimenté par un générateur d’ombre.
X-Ray nous fait voir l'apparition puis la disparition d'une image. Cette représentation est inspirée, entre autre, du mythe de la naissance de l’art décrit par Pline L’Ancien ainsi que d’une tradition qui nous rapproche de la photographie, la machine à Silhouette du physiognomiste Gaspard Lavater qui pensait que le visage portait les marques de son âme.
Tirage argentique sous Diasec 50 x 60 cm, 2010.
La cryonie ou cryogénisation (souvent confondue à tort avec la cryogénie), est un procédé de conservation à très basse température d'humains ou d'animaux dont la subsistance ne peut plus être médicalement assurée, dans l'espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement. Dans l'état actuel du savoir-faire médical, le procédé n'est pas réversible. En Russie, la cryoconservation de la tête ou du cerveau d’un patient coute 10 000$ et tout le corps est à partir de 30 000 $. Aux États-Unis, il ne peut être pratiqué que sur des humains pour lesquels un certificat de décès a été signé, et si le stade de mort clinique n'est pas encore trop avancé. La cryonie est toujours perçue de nos jours avec scepticisme par la plupart des scientifiques et médecins. Cependant, parmi les militants, se trouvent bon nombre de chercheurs qui espèrent de grandes avancées dans la médecine, notamment dans les nanotechnologies, qui pourraient permettre la régénération des tissus et des organes au niveau moléculaire.
A la différence des êtres humains, certaines espèces de grenouilles supportent d'être en partie gelées. Elles peuvent survivre congelées pendant des semaines avec 65 % de leur eau corporelle transformée en glace. Elles peuvent même survivre après avoir été refroidies jusqu'à -8 °C. A cette température, elles ne respirent plus, leurs pattes sont cassantes comme du verre et leur cœur est arrêté.
17 impressions jet d'encre 22,5 x 40 cm. 2009
Script d'un road-movie dans la ville de NYC constitué d’indices d’un phénomène de déteriorisation pixélisante des énergies de luminescence verte dont l’apogée mène au Yankee stadium. Il apparaît sur certaines de ces images la présence d’un objet identifié comme étant un vaisseau spatial ou un scalpel géant dont la matière ne paraît pas affecté par le phénomène, tout au contraire. Il se dirigerait vers ce même point explosif du Yankee Stadium... Il semble y avoir une cause à effet.
Impressions jet d'encre 50 x 60 cm.2007
La Belle est a l'origine un porte reliquaire suisse “ la Part -Dieu” en argent et la Bête est un écorché (tête humaine injectée) d’Honoré Fragonard, anatomiste. Ils représentent le dualisme entre science et religion, le rapport corps-esprit, question centrale de la philosophie de l’esprit, du Mind-body problem. Ces images contiennent 2 fois en en elle-même la même image décalée en rouge et en bleu, reprenant les couleurs de la représentation du système sanguin humain et restituent la perception du relief à l’aide de lunettes anaglyphes. Fondé sur la stéréoscopie, l'anaglyphe permet à notre cerveau d’utiliser le décalage entre nos deux yeux pour percevoir le relief.
Ces images représentent fidèlement des constellations dont les astres ont été substitués par des mouches génétiquement modifiées. Ces “mouches de vinaigre” ou drosophiles sont en principe destinées à des TP en génétique pour observer les mutations engendrées par la modification faite sur l’ADN. La simplicité génétique de ces mouches, leurs facilités de fécondation ainsi que de multiplication pour chaque couple en fait le matériel idéal pour l’expérimentation. Ces drosophiles homéotiques (gènes transformés) ont été achetées au stade larvaire. Une fois le processus d’éclosion accomplie, les mouches ont été endormies à l’éther, puis disposées sur une plaque de verre de manière à reproduire une constellation. A la frontière entre sciences et croyances, c’est une lecture cosmologique des espoirs en la génétique médicale et du fantasme SF des mutants venant de l’espace.
Photographies argentiques formats 150 x 150 cm et 50 x 50 cm contrecollé sur aluminium, 2006.
Ce travail est une tentative de cerner le vide, fragment isolé dans la densité des rues japonaises accroché au ciel. Il y a la terre et le ciel, ou pour dire autrement, la densité urbaine et le vide. L’effort des gratte-ciel. Eclaircir, altérer les couleurs jusqu’à la limite du monochrome. Rien que les arrêtes des bâtiments, les câbles électriques qui raturent les photographies.
Dynamisme des formes qui ne se contentent pas de flotter dans l’espace vide, elles y évoluent de tout leur poids. Du vide, on n’a pas pu prouver l’inexistence. On a abandonné l’idée de son existence. Il s’agirait d’un milieu sans particules élémentaires. Mais qui dit absence de matière ne dit pas absence d’événement. Ainsi la lumière le traverse. (Les physiciens n’hésitent d’ailleurs pas à discuter de l’énergie du vide).
«Le carré = la sensation, le champ libre blanc = le rien, hors de cette sensation» Kazimir Malevitch
Le rien, espace de toutes les imaginations. Dans la tradition japonaise, le rapport spatial des blancs et des teintes des estampes compte au moins autant que la figure elle même. De même que dans la musique traditionnelle, c’est le silence, l’espacement voulu entre 2 sons, que jaillit une infinité de significations. C’est le MA : donner un rythme à l’espace.
Les cellules présentent des cages créées pour l’observation des animaux sauvages. Elles projettent des cadres, des espaces vides, désincarnés de toute présence. Ceux sont des terrains de jeu (masochiste?) où les arbres sont perdus dans le décor, le vert des murs veut rappeler la flore et les cordes, des lianes. Ces lieux d’enfermements censés représenter la nature sont pourtant ponctués d’éléments de notre quotidien, table, pneus... . Ces images réfléchissent une double absence: celle des animaux et celle des spectateurs. L’absence annule la légitimité de ceux qui sont censés regarder.
Le montage de ces photographies réalisées dans différents musées d'histoire naturelle d'Europe et d'ailleurs, est inspiré de la phylogenèse (arbre généalogique de l’évolution des organismes vivants). Mes recherches sur les codes visuels et idéologiques des institutions scientifiques (musées, zoos…) m’a amené à travailler sur les sentiments que l’imaginaire collectif entretient avec la connaissance de la nature.
La nature est devenue un champ de bataille physique, conceptuel et idéologique. Une consommation irraisonnée de la nature (pollutions, disparition d’espèces animales et végétales) coexiste, comme par compensation, avec une fascination, une production de nature (par de nouvelles technologies biologiques et génétiques).
Les représentations dans les musées d’histoire naturelle nous montrent depuis leur création, les relations sociopolitiques entre l’homme et la nature. A la fin du XIXème siècle, les musées d’histoire naturelle, dans un souci de faire passer leur message au plus grand nombre, développèrent des installations attractives aptes à représenter leur science : le diorama, scène ou les animaux taxidermés sont présentés dans leur milieu naturel recréé en carton pâte, avec fond peint en trompe l’œil. Il représente la traduction muséographique de ce qu’on a coutume d’appeler la “ mise en contexte ” de collections mais surtout l’évolution de sa propre représentation, de sa vision du monde vivant.
Ce n’est pas seulement parce que la photographie depuis son invention est impliquée techniquement et esthétiquement dans les sciences et dans l’évolution de la représentation de celle-ci, que j’utilise ce médium, mais par sa relation spécifique qui existe entre le référent externe et le message produit par la photographie. C’est la question de la représentation du réel ou, si l’on veut, la valeur documentaire de la photographie.
3 tirages argentiques 10 x 15 cm. Édition 68 pages 21 x 25 cm. 2011
Photographies d’assurance après une inondation survenue le 16 juin 1997 à Saint Martin de Boscherville (76).L’agencement des images retrace en sens inverse le parcours d'un torrent de boue qui a traversé le village avant de se jeter dans la Seine. Les photographies ont été réalisées depuis la maison de mes parents, puis dans une ferme et les champs alentours, et enfin dans la forêt où l’eau s’était accumulée avant de se déverser. Enquête menée du dedans au dehors, à rebours de la vague.
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Le travail de Thomas Fontaine rend à la fois anodin le surnaturel et, à la fois, insolite et étrange voire fantastique ce qui nous semble naturel. Il y a au fond la croyance en une équivalence entre le naturel et le surnaturel qui transcende le quotidien dont il s’inspire. Esprit en cela proche de celui de la science quand elle fait ses inventaires et ses taxinomies, mettant, dans un discours rationnel et dans une classification raisonnée, les anomalies et les détails monstrueux.
A la frontière entre sciences et croyances, ses images questionnent l’interaction entre environnement social et politique, conventions visuelles et représentation. Dans cet esprit, les Tests de QI produits par et pour notre société afin de mesurer l’intelligence, sont à l’image des systèmes de valeurs occidentaux. Ces photographies soulignent les liens politiques entretenus avec le contexte et par quel moyen ils nous détournent de sa réalité.
Les photographies de Thomas Fontaine nous interrogent sur la perception de notre environnement, dans Full limit ou Implantations, le point de vue de l’observateur nous projette dans un paysage urbain oppressant, sans horizon aux limites de la perspective. Regarder la ville en plongée, c’est se saisir de l’organisation de l’espace, ou à l’opposé, dans la série Intérieur, être enfermé dans un cadrage ne laissant échapper que les traces d’un passage ébloui par le vide extérieur.
L’approche historique de la notion de preuve photographique nous renvoie encore à notre rôle d’observateur, mais cette fois-ci comme témoin d’une vérité subjective. Ou comment la mise en scène de la nature nous amène t’elle à douter de notre perception visuelle (La Belle et la Bête, X-rays), de la pertinence de la photographie documentaire; Histoires naturelles illustre la nature vue à travers les codes visuels et idéologiques des institutions scientifiques.
Thomas Fontaine manipule les frontières entre réalité et imaginaire afin d’en extraire des fictions vraisemblables. Des fictions jouant sur la juxtaposition d’éléments visuels témoins de notre société occidentale produisant des espaces désincarnés (Cellules) où la nature n’est perçue qu’au travers des sciences (Phantoms of Paradise, Neurones). Non sans humour,Thomas Fontaine avec The green light of Yankee Stadium nous interrogent sur ce que nous saurions voir.